Lettre ouverte à l’ACL (Association des Commerçants
Lausannois) suite à l’article paru dans Economie Lausannoise
3/2008
Suite à votre article, l’Association Super City
management – NON MERCI ! ne peut que saluer le courage de la Coop pour
avoir manifesté publiquement et concrètement son soutien à
l’initiative «pour une ville respectueuse de ses commerçants ». Car il
en fallait du courage, en tant que l’un des leader du marché de
détail, pour accepter d’endosser le rôle de traître face à ses pairs,
et soutenir une initiative lancée par « des autonomistes aux idées
étriquées et dogmatiques (…) » selon les propos de M. Charles-Antoine
Kohler, directeur de Manora (Economie Lausannoise 1/2008).
À vous lire, comme à entendre les propos tenus
publiquement par M. Brélaz à plusieurs reprises, le succès de
l’aboutissement de l’initiative reviendrait au géant orange. En
d’autres termes, sans l’intervention de la Coop, le City management
aurait pu continuer à couler des jours heureux, à jouer aux ballons ou
au baby foot….
Cette croyance révèle une difficulté qui paraît
récurrente chez l’ensemble des instigateurs du projet City management
: la faculté de concevoir le commerce lausannois en dehors des grandes
enseignes. Cette ignorance de centaines de commerçants, intégrés dans
le tissu lausannois, risque de vous faire rater une fois de plus votre
cible à l’heure où les bruits de couloirs font état d’une consultation
pour formuler un contre-projet.
Nous sommes convaincus que vous n’êtes pas assez
naïf pour croire que la Coop se serait lancée dans l’aventure si elle
n’avait été persuadée que l’Association Super City management – NON
MERCI ! était suffisamment solide pour faire aboutir l’initiative.
Mais il est bien plus confortable de désigner comme bouc émissaire un
grossiste du commerce de détail dont la situation ne peut guère
émouvoir la population, plutôt que d’admettre que le City management
ne fait manifestement pas l’unanimité auprès des principaux concernés
: les commerçants !
Cette attitude de déni peut être interprétée de
plusieurs manières. Il pourrait s’agir de mépris ou de stratégie
politique. Mais nous pensons plutôt que vous ne pouvez pas prendre en
compte la voix des commerçants, l’ampleur de leur colère, leur volonté
de résistance, car cela ébranlerait certaines de vos convictions.
Plus précisément, cela vous demanderait de
questionner le mythe fondateur à l’origine de toute votre entreprise :
celui qui réduit Lausanne à un simple centre commercial dont les
commerçants ne seraient que des locataires, n’ayant d’autre choix que
d’accepter les conditions de leur séjour. Mais ce jour ne semble pas
encore levé !
Association Super City management – NON MERCI !
|