CITY MANAGEMENT : DES COMMERÇANTS EN COLÈRE
SUPERCITYMANAGEMENT- NON MERCI! : POURQUOI, COMMENT ???

En janvier 2007, le Conseil communal de Lausanne adoptait en catimini le "règlement concernant la promotion et le développement du commerce lausannois" plus connu sous le nom de City management. Le règlement soumet les commerçants à une taxe.

Cette taxe, qui vient s’ajouter à moult taxes, doit servir à alimenter la Fondation City management. Fondation au fonctionnement opaque dont l’ambition affichée est de gérer la ville à l’image d’un centre commercial.

Mentant à deux reprises, les promoteurs de ce projet l’ont présenté comme :

  •  souhaité par les commerçants 

  •  inspiré de la pratique de nombreuses autres villes

Or, non seulement les principaux intéressés n’ont jamais été consultés, mais aucune commune pratiquant le city management n’a mis entre les mains d’un groupement, ayant des intérêts privés, la question de sa revalorisation, ni ne pratique une taxation imposée et, encore moins, ne prélève un impôt affecté.

En juin 2007, les commerçants reçoivent, sans autre information, un questionnaire de taxation .

La réaction est vive. Une pétition demandant l’abrogation du règlement "City management" est lancée : elle va être signée par plus de 1'100 commerçants.

Fin juin 2007, une réunion d’information est organisée, sous l’égide de "24 Heures"». au Buffet de la gare. Près de 400 commerçants y participent.

Début juillet 2007, n’ayant aucune intention d’être mis sous tutelle, et encore moins de subir ce qui s’apparente à du racket, quelques téméraires fondent l’Association Super City management - NON MERCI !

Se structurant pour soutenir les petits commerçants indépendants qui, par une méconnaissance des lois, de la langue et de leurs droits, méritent d’être défendus, elle lance un recours collectif contre la taxe.

Multipliant les démarches pour faire entendre l’absurdité d’un projet totalement déconnecté des réalités des commerçants, l’Association se heurte, de la part des autorités, à une attitude de dénigrement systématique à son encontre, ainsi qu’à des élus qui – sauf quelques rares exceptions - trouvent plus séduisant de soutenir une recette qui n’a de magique que la prétention, plutôt que de se confronter à la complexité de la réalité.

Septembre 2007, après quelques tergiversations, le Conseil de Fondation City management renonce au moratoire et offre, pour calmer les opposants, un rabais de Fr.100.-- sur la taxe 2007.

Mars 2008, les commerçants reçoivent pour la première fois une information sous la forme d’une "Newsletter".

Les initiateurs du projet (DECLIC), considèrent toutes les activités commerciales de la cité comme celles d’un hypermarché, dont le City manager serait le directeur :ils font l’impasse sur le rôle de sociabilité et de convivialité joué par les commerces de proximité, comme ils ignorent le poids des charges et des tracasseries administratives que représente la tenue d’une échoppe.

Fondé sur une vision strictement mercantile, ce projet réduit le rapport au client à un simple échange de profit et donne du commerçant l’image d’un personnage avide, les yeux rivés sur son tiroir-caisse.

Divisant la ville en secteurs et sous-secteurs, le City manager a ainsi imaginé, entre autres plaisanteries, la mise en place d’un tableau de bord permettant de mesurer par la variation de chiffre d’affaire, l’efficacité des « animations et actions à valeur ajoutée » qui seront organisées sous son égide.

Ignorant que le choix de tout commerçant est celui de l’indépendance et du libre-arbitre, il entend également, avec son projet, contraindre les commerçants à se structurer en associations.

Avril 2008, l’Association lance une initiative "Pour une ville respectueuse de ses commerçants", demandant l’abolition du règlement dit "City management". Celle-ci a abouti le 23 juillet de cette année forte de 12’741 signatures (pour 8'151 requises légalement).

La Coop , partageant avec les commerçants indépendants le refus de nouvelles taxes et d’un City management qui a la prétention d’apprendre leur métier aux commerçants, a manifesté publiquement et concrètement son soutien à l’initiative.

Preuve, s’il en était encore nécessaire, qu’au-delà des divergences de statuts, d’intérêts commerciaux, de conception de son rôle, le monde commercial lausannois est en accord sur un refus catégorique du règlement "City management".

En août 2008, les commerçants reçoivent une deuxième "Newsletter", signée du syndic et du city manager.

Véritable panégyrique du bilan de l’action du city manager, il n’y est fait mention, ni de l’initiative déposée, ni de l’opposition toujours plus manifeste des commerçants. Près du tiers d’entre eux sont devenus membres de l’Association.

Malgré le soutient manifeste de la population à l'initiative et à leur cause, les commerçants continuent à être taxés et à s’opposer… le City manager, lui, continue à manager...

Mars 2009, les commerçants ont le plaisir de recevoir leur 3ème "Newsletter"…
Coup de théâtre le 17 mars : par voie de presse, les commerçants apprennent que M. Brélaz, face à la résistance des commerçants et à l’échéance de la votation, est contraint d'ouvrir le jeu. Une consultation sur l’avenir du City management est lancée, tant auprès des commerçants que des politiques, leur proposant deux options à choix.

Fin de l’été 2009, le Conseil communal choisira d’abroger le règlement City management ou d’opposer un contre-projet à notre initiative.

Mai 2009, nouveau rebondissement: après consultation des commerçants et des partis politiques, le verdict est clair, 87% des commerçants ont désavoué le "City Management à la Lausannoise".
Le mercredi 20 mai 2009 (juste avant le grand congé de l'Ascension), la Municipalité annonce "discrètement" qu'elle proposera au Conseil communal d'accepter l'initiative populaire visant à supprimer la "taxe City Management".
Mais cette annonce en catimini fera manchettes et grands titres de tous les médias les jours suivants:

- "La taxe du City Management est morte"
- "City Management: la capitulation de Brélaz"
- "Lausanne fait volte-face sur le City Management" ... etc.

Victoire pour l'Association "Super City Management- NON MERCI "? Oui mais...
Mais, une ombre reste au tableau: nos recours sur les taxes 2007 et 2008 sont toujours en attente, et la Municipalité prétend encore percevoir la taxe 2009 pour un "City Management en phase terminale"

Juillet 2009, la Municipalité donne son préavis au Conseil communal en réponse à notre initiative...

 

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