Boutique Diagonale Danse
Nicole Lieber
Pont-Bessières 1
1005 Lausanne

                                                                           Fondation City Management
                                                                           Monsieur Christian MASSEREY
                                                                           Rue du Petit-Chêne 38
                                                                           Case postale 1215
                                                                           1001 Lausanne

 

                                                                            Lausanne, le 10 novembre 2007 

Monsieur,

Tous mes remerciements pour votre prompte réponse !

Vous peinez à déceler les mesures que je propose à votre Fondation, et pour cause : je n’en n’ai point !

A chacun son métier. Le mien fut l’enseignement de la Danse durant 35 ans, et parallèlement, l’administration d’une Compagnie de Danse. Pour des raisons de santé, je me suis vue dans l’obligation de remettre mon Studio, et me voici plongée depuis 2 ans dans le monde du commerce.

Bref. Mon propos n’est pas de vous raconter ma vie.

Monsieur Masserey, vous avez travaillé sur le City management lausannois durant 3 ans. Si vous étiez arrivé avec des propositions novatrices, réellement attractives et concrètes, pour re-dynamiser le commerce lausannois, tenant compte de la diversité des enseignes, de leur situation géographique et de leurs réels besoins, alors, peut-être, auriez-vous trouvé un écho favorable.

Malheureusement, la formule « payez d’abord, on proposera ensuite », ne fonctionne pas et provoque une levée de boucliers.

Vous n’avez, à ce jour, que repris des événements déjà existants. Le Flon, Ouchy, St-François ne sont pas les seuls pôles lausannois.

Les plaintes des commerçants, tous quartiers confondus sont : les tracasseries administratives, les places de parc, les travaux, l’insécurité croissante, la saleté.

La mise en place du fameux M2 occasionne des chantiers gigantesques, et plus d’un sera soulagé lors de son inauguration.

Nous avons pu lire dans la presse des informations relatives aux futurs projets de boutiques de luxe et surfaces commerciales à la Place St-François, dans un avenir proche. Voilà qui a également de quoi inquiéter les commerçants.

Lausanne reste une petite ville avec ses 129’481 habitants. Elle foisonne de quartiers sympathiques qui ne demandent qu’à survivre. Les heures de travail des boulangers, tenanciers de kiosques, petits bistrots, commerces spécialisés, …, sont faramineuses, alors ne leur demandez pas, en plus, de fonder bénévolement des associations, dont le but serait de solliciter votre soutien financier (en fait, le retour de leur taxe), afin d’organiser des événements ponctuels.

Un City management se construit « sur le terrain », et non à coup de courbes, de pourcentages, de graphiques, ou de références en place dans de vraies métropoles, telles Bruxelles ou Lyon.

Lausanne mérite mieux qu’une « taxe pour rien », qui ne peut qu’engendrer le mécontentement.

Lors de la séance d’information à la gare, au mois de juin, vous aviez annoncé 2'500 envois de questionnaires, et les journaux nous ont appris, ces derniers jours, que les taxations ont été adressées à 1'600 commerces ? Certains corps de métiers ne sont pas touchés, et vous n’avez jamais donné l’explication du pourquoi de leur exonération.

Les bénévoles taxés, puis non taxés, et finalement taxés. Concernant la restauration, les personnes travaillant à la fabrication non taxées – voilà qui simplifie le calcul pour celles qui oeuvrent à l’arrière et à l’avant…

Bref, dès le départ, votre projet a manqué, à défaut de transparence, du moins de clarté, et surtout de projets adaptés à notre ville. Les commerçants ont déjà leur travail, et il ne leur incombe pas, en plus, de vous donner des idées. Vous vous êtes imposé City Manager, alors…assumez.

J’ose espérer que les nombreux articles parus ces derniers temps contre votre City management vont finalement vous amener à une réflexion réaliste.

Veuillez croire, Monsieur, à l’expression de mes sentiments les meilleurs.

 

                                                                                                             Nicole Lieber