Monsieur le Syndic,
A l’occasion de notre
rencontre, veuillez trouver dans le texte qui suit les différentes
raisons qui fondent notre opposition au projet de City management tel
que proposé par Déclic. En conclusion vous trouverez les demandes que
nous vous faisons pour permettre de sortir de l’impasse dans laquelle,
de part et d’autre, nous nous trouvons.
Les raisons qui
fondent notre opposition sont les suivantes :
La question du
système de taxation
Le système de
taxation est inique puisque :
- Il est dégressif
et favorise les grandes surfaces : l’échelle de taxation allant de
fr.-240.- par poste de travail pour les petits commerces à fr.-73.-
(voir moins) pour les grands surfaces.
- Il taxe l’emploi.
- Il taxe les
bénévoles.
- Il porte sur les
emplois liés à la vente mais ne permet pas aux contribuables de
déduire la part de travail liée à la production.
- Il est fondé sur
le principe de la « contrepartie » (charge de préférence) mais ne
contient aucun élément permettant de garantir cette
« contrepartie ».
- Il prévoit qu’une
partie des sommes prélevées chez les commerçants serviront à
financer la venue de nouvelles enseignes à Lausanne.
- Il ne prévoit de
taxer que les commerçants et non l’ensemble des acteurs économiques
qui bénéficieraient d’un développement de la ville.
La question de la
représentativité
Les auteurs du projet
se sont présentés comme représentatif des milieux commerçants et
associatifs or :
Ils n’ont effectué
aucune consultation sur les besoins des commerçants.
Ils ne se sont
informés qu’eux-mêmes puisque :
- Ils reconnaissent
que la grande majorité des commerçants ne sont pas membres de leurs
associations et qu’eux-mêmes vivent une désaffectation de leurs
membres.
- Ils ont admis que
les membres des associations de commerçants qu’ils représentaient
(association de restaurateurs (Gastro-Lausanne), association des
Boulangers-Patissiers, association des magasin de sport (ASMAS))
n’ont pas été informées et encore moins consultées.
- Ils n’ont pas
informé et encore moins consulté les associations corporatives liés
à la vente (pharmacien, opticien, kiosques indépendants, boulangers
pâtissiers, etc). De même les associations de quartiers – qui
devraient servir de relais aux projets dans les quartiers – n’ont
pas été informées, et encore moins consultées.
- Ils n’ont pas
informé et encore moins consulté les associations de commerçants non
membres de l’ACL..
De plus :
- A aucun moment les
auteurs n’ont mis en place un processus de consultation et de
validation du bien fondé de leur projet.
- A aucun moment –
au mépris des règles les plus élémentaires de la communication - ils
n’ont vérifié que les principaux concernés, à savoir les commerçants
lausannois, aient pris connaissance du projet.
Enfin, relevons que
le projet est censé être en vigueur depuis 5 mois mais les commerçants
n’ont toujours pas reçu le moindre document leur expliquant le projet
et leur rôle dans le cadre de celui-ci.
Le principe de
City management
En règle générale
l’élaboration d’une action de type City management est le résultat
d’une réflexion pluridisciplinaire menée par des professionnels aux
compétences diverses – géographe, urbaniste, sociologue, économiste –
qui font un bilan détaillé des atouts et des problèmes de la ville.
Et c’est seulement à
partir d’une enquête faite auprès des différents acteurs de la cité
qu’est élaborée une stratégie de revitalisation des centres-villes
portant aussi bien sur une revalorisation de son architecture, de ses
espaces publics qu’un soutien aux principes d’un commerce apportant de
la diversité par rapport à la standardisation de l’offre développée
par les grandes surfaces.
En effet, « A une
époque où les grandes surfaces prennent leur essor, les centres-villes
permettent des expériences d’achat différentes par l’ambiance, le
cachet, l’architecture, la végétation et les rencontres sociales de
tels milieux » (Fondation Rues principales - la diversité
idéale – City management au Canada).
Or, non seulement les
auteurs du projet n’ont effectué aucune enquête sérieuse sur l’origine
des difficultés rencontrées et s’appuient sur des statistiques
globales, sans autre forme d’analyse ; mais en plus, leur volonté de
transformer Lausanne en « centre commercial à ciel ouvert » est en
opposition totale avec le principe même des pratiques de City
management auxquels ils se réfèrent.
Enfin, les auteurs
ont fait de nombreuses comparaisons avec d’autres villes pratiquant le
City management omettant à chaque fois de préciser que :
- Aucune ville ne
pratique une taxation non volontaire des commerçants.
Car, comme le
souligne lui-même, le City manager nommé pour Lausanne dans la revue
de Lausanne Tourisme (Lausanne image, été 2007, no 59)
« Le système du
city management se fonde sur des relations de confiance, l’engagement
et l’esprit de collaboration ».
Le contenu du
projet
Le principe
d’animation majeure.
Le projet prévoit des
animations dites « majeures » qui existent depuis plusieurs années
mais les auteurs du projet n’ont, jusqu’à présent, fait aucune
évaluation d’impact sérieuse de l’effet de ces animations sur le
commerce.
Or, la majorité des
commerçants pourront vous l’affirmer, l’existence de ce type
d’animation ont pour effet de vider les commerces (à l’exception des
grandes surfaces et de quelques commerces) de leur clientèle selon une
règle simple : les gens se rendent à la manifestation pour participer
à la manifestation et non pour aller faire leur achat dans les
commerces avoisinant la manifestation.
Ainsi, il est
important de connaître précisément les bénéficiaires des
manifestations dites majeures déjà existantes :
-
Halloween (fête à laquelle même les grandes surfaces ne croient
plus)
-
Bd.-Fil (qui possède ses propres offres de restauration)
-
Fête de Noël (avec les chalets loués à des commerçants
extérieurs à la ville)
-
Une quatrième animation dont on attend toujours le descriptif….
Le portail pro
actif
Une partie du projet
prévoit de favoriser la venue de nouvelles enseignes sur Lausanne. En
d’autres termes le projet prévoit que les commerçants eux-mêmes
financent la venue de concurrents ce qui nous semble pour le moins
contestable.
Les animations
secondaires
Il a beaucoup été
fait état d’animations secondaires, mais à aucun moment nous n’avons
pu prendre connaissance d’un descriptif clair de ces manifestations
pas plus qu’elles ne semblent avoir été l’objet d’un budget et d’un
calendrier. De plus, aucun protocole d’évaluation un tant soit peu
sérieux n’existe. Le seul projet d’évaluation dont nous avons eu
connaissance porte sur une donnée privée – le chiffre d’affaire, alors
que tout commerçant sait que la notion de chiffre d’affaires n’est en
rien significative en dehors de la connaissance de ses marges.
Les animations à
charge des commerçants
La particularité du
projet est de prévoir qu’une partie de la somme sera mise en réserve
pour les commerçants pouvant s’organiser afin de mener à bien une
manifestation leur permettant de valoriser leur commerce.
Or une telle ambition
impose aux commerçants de s’associer et fait montre d’une
méconnaissance du terrain.
- l’hétérogénéité
des commerces ne permet pas de trouver un dénominateur commun pour
des manifestations à but mercantile et le principe du projet va
forcément créer des problèmes de rivalités. (Quel lien entre un
vendeur de produits indiens et un spécialiste de machine de
bureau ?)
- la mise en place
et l’organisation de manifestations représentent une surcharge de
travail pour les commerçants – que la plupart ne peuvent assumer.
- Ce projet va à
l’encontre du principe de « sponsoring » volontaire, qui
traditionnellement lie les milieux associatifs et les commerçants.
- Les commerces à
enseigne spécialisée ne peuvent bénéficier d’animation.
- Les animations
ponctuelles ne produisent pas de bénéfice à long terme pour les
commerçants.
- Les animations à
but strictement mercantile vont à l’encontre du bon fonctionnement
des commerces de proximités qui travaillent avec des clients, des
habitués et sont d’abord des lieux de convivialité, de lien social.
- L’étude de la
répartition géographique des commerces et des types d’enseignes met
en évidence que seule une infime partie de commerces peuvent espérer
trouver un intérêt dans ce projet. En d’autres termes, beaucoup
seront mis à contribution pour l’intérêt de quelques-uns.
En conclusion
Au vu de tous ces
éléments, vous prions instamment,, M. le Syndic, afin d’éviter une
dégradation de la situation mais également pour donner une chance aux
développements de solutions qui soient bénéfiques à l’ensemble de la
ville et aux commerçants en particulier, d’introduire un moratoire du
projet jusqu’à ce que :
- une étude d’impact des manifestations majeures
se déroulant depuis plusieurs années (Halloween, Fêtes de Noël, Bd.
Fil) pour le centre ville soit organisée par un organisme n’ayant
pas d’intérêts personnels dans le projet.
- une évaluation - à priori - de ce projet soit
organisée par un organisme neutre (par exemple un institut
universitaire habilité à ce type d’étude).
Nous prions également de procéder à un traitement
rapide de la pétition signée par plus de 1'100 commerçants.
Pour L’Association Super City management – Non
Merci
Mme Muriel Testuz
M. Christian Châtelain
Le Petit
Bar Chronométrie Châtelain
Mme Emmanuelle Diebold Mme
Dominique Cavereau
Rouge de
Honte
Le
Tortillard
M. Bruno Cantin
Jallut
S.A.